Le 25 mai 2026, j’ai franchi la ligne d’arrivée de mes 100 WikiDays. Mon périple a débuté le 15 février dernier et, pendant 100 consécutifs, j’ai rendu disponible au moins un article sur l’Afrique chaque jour sur Wikipédia. Mon centième article a été dédié à la Bulgarie afin de saluer celle qui a lancé ce concept et dont ce pays est l’origine.
Un voyage panafricain
J’ai alors choisi de lui donner une direction en le baptisant 100 WikiDays Across Africa. J’ai voulu traverser le continent à travers mes contributions, explorer ses territoires, ses infrastructures, ses personnalités, ses patrimoines et ses histoires. Faire de ces 100 jours une sorte de voyage encyclopédique à l’échelle de l’Afrique. Et j’ai véritablement voyagé sans quitter mon clavier. J’ai fais le tour de l’ensemble des autres pays africains les 53 premiers jours. Puis, je suis revenue progressivement vers mon Burkina Faso pour les 47 derniers articles.
Et, 100 jours plutôt, je savais que ce challenge se terminerait le 25 mai. En revanche, heureusement ou malheureusement, j’ignorais que cette date correspondait à la Journée de l’Afrique. Je ne l’ai découvert que ce même 25 mai, presque par hasard, en voyant passer une publication des Nations Unies. Je me suis dit: waaaw, quelle coïncidence incroyable ! Terminer un challenge consacré à l’Afrique le jour où le continent est célébré avait quelque chose de symbolique que je n’aurais jamais pu imaginer. Au finish, j’avais traversé toute l’Afrique pendant cent jours et c’est l’Afrique elle-même qui m’attendait à la ligne d’arrivée.
Écrire sur l’Afrique, c’est découvrir tout ce qu’il reste à écrire
Chaque écrit me conduisait vers un autre, une centrale solaire renvoyait vers une ville, la ville vers une personnalité, cette personnalité vers une institution ou un événement historique. J’ai dû accepter que je ne pourrais jamais tout écrire, en trois mois de surcroit.
Les coulisses d’un défi de cent jours
Avant de commencer, j’avais logiquement regardé le parcours d’autres participants. Certains s’étaient arrêtés autour du 90e jour. Je me demandais pourquoi abandonner si près du but? Aujourd’hui, je comprends, c’est une épreuve de constance face aux impondérables de la vie quotidienne.
Il faut composer avec le travail, les responsabilités quotidiennes, les imprévus et parfois simplement la fatigue. Il m’est arrivé plus d’une fois de réaliser tard dans la soirée que je n’avais pas encore publié mon article du jour. Certains textes ont commencé à être rédigés après 22 heures, lorsque la journée semblait pourtant déjà terminée étant une perfectionniste, c’était plus qu’épuisant mais entraînant. J’ai dû me résigner au fait qu’il y a une vie qui continue de suivre son cours au délà des contributions.
Ce qui m’a aidée à aller jusqu’au bout
Avant de me lancer, j’avais listé plus de 170 sujets et personnalités pouvant faire l’objet d’un article. Car, je savais que certains articles pouvaient être contestés, que des questions d’admissibilité pouvaient se poser ou qu’un article pouvait tout simplement être supprimé. En prévoyant une soixantaine de sujets de plus, je me disais que, quoi qu’il arrive, j’aurais toujours mes 100 articles au compteur.
Et finalement, c’est exactement ce qui s’est passé, il y a eu des discussions avec des administrateurs, certains choix ont été questionnés et un de mes articles a même été supprimé. Ce répertoire a donc été mon assurance-vie. Quand j’oubliais mon défi dans le tumulte de la journée, je n’avais plus besoin de perdre un temps précieux à chercher l’inspiration. Je piochais un titre, je m’installais devant mon écran et j’écrivais. Ne comptez pas sur l’improvisation pour réussir un tel marathon. Préparez votre base de données en amont, cadrez votre emploi du temps et gardez votre objectif en vue, même quand le découragement pointe le bout de son nez.
J’espère que cette expérience donnera envie à d’autres contributrices et contributeurs du continent de tenter, eux aussi, l’aventure des 100 WikiDays. On y apprend énormément sur le continent, mais également sur soi-même. Ils nous confrontent à la fatigue, aux impondérables, lorsque ceux-ci restent bien-sûr gérables, tout en nous prouvant qu’avec de l’organisation et beaucoup de volonté, il est possible de rester fidèle à un engagement que l’on s’est donné. C’est une école de discipline, de persévérance et de dépassement de soi, tout simplement !

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