Wikimania 2026 à Paris : une expérience internationale entre rencontres, apprentissages et engagement

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Il y a des rendez-vous qu’on attend avec impatience parce qu’on sait, avant même d’y être, qu’ils vont nous transformer un peu. Wikimania 2026 à Paris a été de ceux-là pour moi. Quatre jours intenses, faits de rencontres, de découvertes et de partage, que j’ai eu envie de raconter ici.

La préconférence : Wiki Women Summit

Tout a commencé avant même l’ouverture officielle, avec la préconférence du Wiki Women Summit. C’est un moment que j’attendais particulièrement : j’y ai enfin rencontré en personne des personnes que je ne connaissais jusque-là qu’à travers un écran, après des mois, parfois des années, d’échanges en ligne. Il y a quelque chose de particulier à voir un visage familier prendre corps, à pouvoir enfin partager un café ou une discussion sans décalage horaire ni connexion internet entre nous.

J’ai été particulièrement admirative des projets portés par les femmes au sein du mouvement Wikimédia, notamment autour de Women in Red et d’autres initiatives qui œuvrent à réduire les écarts de représentation des femmes sur les projets Wikimédia. En tant que coordinatrice de la communauté francophone d’Africa Wiki Women, j’ai retrouvé dans ces échanges beaucoup de ce qui nourrit notre propre engagement. Africa Wiki Women participe depuis plusieurs années à ces initiatives en faveur d’une meilleure représentation des femmes et d’un mouvement plus inclusif. Découvrir cette même dynamique portée par des communautés et des contributrices aux quatre coins du monde a été particulièrement inspirant et stimulant, et m’a rappelé la force que peut avoir une action collective lorsqu’elle dépasse les frontières.

Jour 1 : bénévole dans les coulisses

Le premier jour de la conférence, j’ai également eu l’occasion de participer en tant que bénévole, comme assistante de salle (room assistant). Mon rôle était principalement de suivre la transmission en direct de la session, de rester attentive au déroulement de la présentation et de recueillir les questions des personnes qui suivaient l’événement en ligne, afin de les transmettre aux intervenants. J’ai eu le plaisir de travailler aux côtés de mon room manager, Matej Grochal, de Wikimedia Slovaquie. Cette expérience m’a permis de découvrir une autre facette de Wikimania : celle qui consiste à faciliter le lien entre les personnes présentes sur place et celles qui participent à distance.

Jour 2 : une table ronde qui m’a permis de porter ma voix

Le deuxième jour a été marqué par ma participation à une table ronde intitulée «L’universalisme français, ou la tyrannie de la majorité », aux côtés de Miguel Tremblay (Québec), Donatien Kangah (Côte d’Ivoire), Alexandra Tchuileu (Cameroun), Florence Nibart-Devouard (France), et sous la modération de Sabrina Mac Gregor (Québec, Animatrice) . C’était l’occasion de partager mon point de vue de contributrice francophone basée en Afrique, et de défendre une conviction qui est important: Wikipédia en français gagnerait à s’ouvrir davantage à l’ensemble des réalités de la Francophonie. Une Wikipédia francophone qui ne soit pas seulement une Wikipédia écrite en français, mais une Wikipédia véritablement francophone, qui reflète la diversité des communautés, des cultures, des territoires et des savoirs qui composent la Francophonie. Prendre la parole dans cet espace, aux côtés de personnes aux parcours et aux expériences si différents des miens, a été à la fois un défi et une immense satisfaction.

Mamisoa et Saotra pendant notre présentation

Jour 3 : documenter le patrimoine malgache

Le troisième jour, j’ai donné une présentation en format lightning talk, intitulée « Partenariat et patrimoine : documenter Madagascar à travers les campagnes wiki et les initiatives GLAM », en collaboration avec Saotra Ratesatoa, leader de la communauté Wikipédia Madagascar. Ce fut l’occasion de mettre en lumière le travail que nous menons pour documenter le patrimoine malgache à travers les projets Wikimédia, et de montrer comment les partenariats avec les institutions culturelles peuvent enrichir cette documentation.

Jour 4 : WikiTeny, un modèle pour l’inclusion linguistique

Le quatrième jour, nouvelle présentation, cette fois aux côtés de Laingo Andriah, présidente de la communauté Wikimédia Madagascar, sous le titre « WikiTeny : impact, apprentissages et modèle réplicable pour l’inclusion linguistique ». Ce projet met en lumière l’importance de la collaboration pour préserver et valoriser une langue encore sous-représentée en ligne. Il est né d’une collaboration entre Global Voices et Wikimédia Madagascar, avec l’ambition de contribuer à une meilleure présence de la langue malgache sur Internet et à rendre la connaissance accessible dans cette langue.

Pouvoir présenter ce projet devant une audience internationale a été une expérience particulièrement enrichissante. C’était aussi une belle occasion de montrer comment des collaborations entre organisations et communautés locales peuvent contribuer concrètement à l’inclusion linguistique et à la préservation de la diversité des langues dans l’espace numérique.

Mamisoa et Laingo pendant notre présentation

Paris, en toile de fond

Entre deux sessions, je n’ai pas manqué de profiter un peu de Paris, une ville qui se prête bien aux pauses réflexives après des journées aussi denses en idées, en rencontres et en émotions.

Et bien sûr, impossible de passer par Paris sans prendre le temps d’immortaliser quelques souvenirs avec la Tour Eiffel en toile de fond. J’ai profité de ces moments pour prendre quelques photos, garder une trace de cette expérience et, surtout, savourer pleinement le fait d’être là. Après plusieurs journées consacrées aux projets Wikimédia, aux échanges et aux discussions autour de l’accès à la connaissance et de l’inclusion linguistique, ces petites escapades étaient aussi une manière de prendre du recul et de profiter de la ville.

La Tour Eiffel, avec Paris en toile de fond, a ainsi offert un décor assez exceptionnel à ces quelques moments de pause. Entre deux rendez-vous, appareil photo en main, j’ai pu apprécier un autre visage de ce séjour : celui de la découverte, de la promenade et des petits moments simples qui viennent compléter une expérience professionnelle.

Ce que je retiens

De ces quatre jours, je retiens surtout la richesse des rencontres : des personnes magnifiques, venues des quatre coins du monde, avec qui j’ai appris, collaboré, participé et partagé. Wikimania 2026 aura été, pour moi, bien plus qu’une conférence : une communauté vivante, faite de visages, de voix, d’histoires et de projets qui continuent de me nourrir bien après mon retour à la maison.

Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est de rencontrer autant de personnes engagées, chacune à sa manière, pour promouvoir et rendre la connaissance libre et accessible au plus grand nombre. Au-delà des technologies, des projets et des différentes langues, nous partageons une même conviction : celle que l’accès libre à la connaissance peut contribuer à construire un monde plus éduqué, plus inclusif et, je l’espère, un monde meilleur.

Je tiens à adresser un grand merci aux organisateurs ainsi qu’à la Wikimedia Foundation pour cette belle opportunité et pour tout le travail accompli afin de faire de Wikimania 2026 un événement réussi, mais surtout un espace riche en rencontres, en partage et en apprentissage. Merci également à toutes les personnes avec qui j’ai eu la chance d’échanger, de collaborer et de partager ces moments. Je repars de Paris avec de nouvelles idées, de nouvelles perspectives, de belles rencontres et surtout une motivation renouvelée pour continuer à contribuer, à mon échelle, à cette formidable aventure collective autour de la connaissance libre.

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